Fais-moi revivre Noël 2019, quand j’écoutais à répétition en secret une chanson qui portait ton nom de famille.
Je ne me souviens plus comment je me suis mise à écouter cette chanson. Probablement une publicité en Story Instagram qui a passé une rare fois où mon son était à on. Une rare fois où le hasard a bien fait les choses parce que la chanson m’a plu instantanément, l’artiste sonnait mystérieux-paisible et l’air me donnait le goût de rouler les fenêtres baissées sur l’autoroute le son le plus fort possible en me pensant dans un film.
Je t’aurais parlé de la chanson, si ça n’avait pas été du fait que le titre incluait ton nom de famille (je répète: le hasard avait bien fait les choses) et ça t’aurait sans doute fait penser que c’était la raison pourquoi j’aimais la chanson. C’était con un peu que j’assume ce que tu penses et surtout que ce serait mal que j’aimais certaines choses parce qu’elles me faisaient penser à toi.
C’était une chanson de la catégorie qui fait mal dans le bon sens, au bout d’un trop grand nombre d’écoutes. Un mal crève-coeur-coup-de-coeur-bon-pour-le-coeur.
Cedit nombre d’écoutes, je l’ai dépassé en peu de temps. Spotify a dû penser que je m’étais endormie ou j’avais oublié mes écouteurs loin de mes oreilles, pour laisser en boucle la même chanson des dizaines de fois et vite revenir vers elle lorsque je me décidais à changer de registre.
Une chanson qui semble enlever toute compétition avec les autres chansons du reste du monde. Une chanson qui devient une obsession pendant deux jours ou semaines. Une chanson qui relativise le temps. Une fascination aussi forte qu’un amour d’été quand on a 15 ans.
Comme tout bon amour d’été, même (surtout) quand on ne croyait pas ça possible, on finit par continuer le cours des choses et le temps reprend son sens comme avant.
Deux mois plus tard, c’était Noël. J’étais chez ma mère, loin de mon petit appartement montréalais, avec toutes les couleurs et les textures qui me rappelaient le début de ma vingtaine. Le rouge de la cuisine, le suède du divan du salon, le bleu pâle de la chambre d’amis, le tapis de mon ancienne chambre.
À Noël on est nostalgique, on est confortable, on est sentimental. Quand je dis on, je veux dire je. Donc évidemment que le 23 au soir, une fois les premières festivités calmées, les proches repartis plus loin et ma dernière gorgée passée, je t’ai écrit.
Tell me something I should listen to
Ça t’a pris un moment me répondre.
Je me suis endormie sans avoir ta réponse, simplement pour mieux me réveiller et prendre mon premier café avec elle. Avec toi.
The Cherry Pit by Pinkultrashinyblast
City Limit by The Radio Dept
Seahorse by Devandra Banhard
Darling by Dreams We’ve Had
And check out the new Black Marble album
Tu m’aurais fait une liste de 100 chansons, que ce titre et cet artiste auraient quand même été ceux qui aurait retenu mon attention instantanément. Ce n’était pas la même chanson qui avait joué en boucle en octobre, mais c’était la première fois qu’on me mentionnait cet artiste à nouveau, qu’on me rappelait ces émotions fortes.
Comme si tu n’avais pas besoin d’avoir été mis au courant de mon obsession passagère pour le savoir, la comprendre et la vivre avec moi en décalage.
Peut-être qu’on était ciblé par les mêmes publicités, peut-être qu’on avait les mêmes goûts, peut-être qu’on s’arrangeait toujours pour se retrouver d’une manière ou d’une autre. De notre manière.
Peut-être toutes ces réponses.